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Eugène Lapierre : Un bilan positif et un désir de poursuivre le développement du tennis au pays

15 Août 2018
Écrit par: Emna Achour
Écrit par: Emna Achour
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Une finale entre deux des trois meilleures joueuses du monde, un tournoi pas trop ralenti par la pluie et une assistance qui rivalise avec celle de l’édition féminine précédente de la Coupe Rogers ; il n’en fallait pas plus pour rendre heureux Eugène Lapierre, directeur du tournoi.

Sans battre le record d’assistance établi il y a 10 ans, alors que le volet féminin de la Coupe Rogers avait attiré 175 000 partisans en 2008, c’est tout de même près de 170 000 spectateurs qui auront assisté à l’édition 2018, ce qui continue de placer le tournoi parmi l’élite du circuit.

M. Lapierre ne veut toutefois pas s’arrêter là. Avec un produit de qualité comme le tennis féminin sur les courts et une expérience hors pair pour les amateurs à l’extérieur du terrain, la Coupe Rogers peut encore s’améliorer. Selon lui, cela proviendra par l’avènement de nouvelles vedettes sur le circuit de la WTA.

« Oui, on détient le record pour le volet féminin chez les tournois d’une semaine, mais reste que personnellement, j’aimerais qu’on fasse mieux », a évoqué M. Lapierre lors de son bilan dimanche midi. « De ce côté-là, je pense que ce qu’il faut analyser, c’est plutôt une question de vedettariat. […] Il y a des années où le tournoi féminin faisait mieux que le masculin. J’ai l’impression qu’il y a une transformation qui s’opère du côté du tennis féminin et on va voir de nouvelles vedettes avec des personnalités fortes. »

« Si on pouvait découvrir de nouvelles joueuses qui vont être capables de remplacer les Williams et les [Maria] Sharapova de ce monde, je pense que le circuit va bien se porter. Quand je vous disais que c’était une question de vedettariat… dans les années 1990, quand on avait les Steffi Graf, Monica Seles, les sœurs Williams, [Martina] Navratilova jouait toujours, [Amélie] Mauresmo, Mary Pierce… chaque joueuse du top 10 avait une histoire incroyable. Mais ça, on ne peut pas le contrôler, ça ne se fabrique pas. On doit laisser le sport faire son travail. »

D’après M. Lapierre, il ne faut cependant pas non plus trop comparer la popularité de la WTA à celle de l’ATP, surtout parce que les deux circuits ne profitent pas des mêmes ressources.

« Ils font des efforts similaires, mais ce ne sont pas les mêmes circuits, ils n’ont certainement pas les mêmes moyens », a-t-il précisé. « Depuis trois ans seulement, le circuit féminin s’est organisé un peu comme le circuit masculin en cce qui concerne la vente des droits de télévision. C’est la visibilité qui fait en sorte que plus elles sont vues, plus elles seront adulées. Ils sont en train de faire des efforts pour vendre le tennis féminin à l’échelle mondiale. »

Au Canada, disons que le tennis féminin n’en est pas à ses pires moments. Cette semaine à la Coupe Rogers, 11 joueuses canadiennes ont foulé les courts du Stade IGA alors que Rebecca Marino, Gabriela Dabrowski, Carson Branstine, Leylah Annie Fernandez, Katherine Sebov, Isabelle Boulais, Catherine Leduc et Alexandra Vagramov ont participé aux qualifications et que Françoise Abanda, Eugenie Bouchard et Carol Zhao avaient obtenu un laissez-passer pour le tableau principal.

Les résultats ne sont pas nécessairement au rendez-vous sur une base récurrente, mais une joueuse comme Bouchard, par exemple, reste une des favorites de la foule même si elle ne fait plus partie du top 100. Et foi de M. Lapierre, sa seule présence au tournoi montréalais, comme celle de ses compatriotes, a un impact positif instantané sur le tennis canadien.

« On espère avoir une bonne relève, mais on y travaille », a déclaré M. Lapierre. « Selon moi, ça commence par la base. C’est pour cela que j’insiste sur l’importance d’avoir des vedettes sur le circuit pour attirer les jeunes filles et les inciter à jouer au tennis. Et ça va assez vite quand une joueuse a du talent à l’âge de 10, 11 ou 12 ans. Ça ne prend pas trop de temps et les voilà rendues à 16 ou 17 ans, comme Bianca Andreescu. »

« Oui [la relève] nous préoccupe, mais pas seulement du côté féminin, du côté masculin aussi. Parce qu’on a de très bons jeunes qui connaissent du succès, mais qu’en est-il pour la relève ? En ce qui concerne le nombre de joueurs de tennis au pays, on est très loin de l’Europe, de l’Amérique du Sud et même des États-Unis. On fait assez bien avec les chiffres qu’on a, mais on doit continuer dans cette veine. »