Je me souviens : Navratilova étend son royaume à Montréal

jeudi, 13 Juin

Retour aux origines — ou presque — pour ce troisième volet de notre feuilleton consacré au 40e anniversaire de la Coupe Rogers. Nous sommes en 1982, époque où le tournoi répond à l’appellation « Challenge Player’s », et pour la deuxième fois, le gratin du tennis féminin fait étape au parc Jarry.

Après une première édition en 1980 suivie par un public clairsemé, le comité organisateur espère cette fois tirer profit de la présence de figures iconiques de la WTA, au premier rang desquelles figurent Billie Jean King, Tracy Austin, Andrea Jaeger, Hana Mandlikova et Martina Navratilova. Cette dernière, alors âgée de 25 ans, fait du reste office d’épouvantail du tournoi, puisqu’elle vient de remporter 59 de ses 60 derniers matchs. Au moment d’aborder la compétition, la question est ainsi moins de savoir si elle s’imposera, mais de quelle manière et face à quelle adversaire.

Photo: Armand Trottier / La Presse

Sans grande surprise, l’Américaine d’origine tchécoslovaque écarte une à une ses opposantes avec une facilité déconcertante. En demi-finale, c’est la quatrième raquette de l’époque, Mandlikova, qui l’attend pour un combat que l’on espère épique. Espoir vite éteint en deux manches.

L’ultime écueil proposé à Navratilova se nomme Andrea Jaeger, 3e joueuse mondiale et elle aussi impressionnante durant son parcours. Une opposition de style comme l’époque en proposait encore entre une attaquante pure et une joueuse de fond, dure à la besogne. « Imprenable », ainsi Jaeger qualifiait son adversaire avant même le premier coup de raquette. Il y a pourtant match entre les deux joueuses et si Navratilova empoche la première manche 6-3, elle fait face à un bris dans la seconde pour se retrouver menée 5-3. Une menace écartée d’un revers de main, ou plutôt de quelques volées autoritaires et autres arabesques au filet.

Quatre jeux plus tard, le compte est bon… Et pas uniquement au tableau d’affichage, puisque Navratilova devient alors la première joueuse à compiler plus d’un million de dollars de gains dans une saison. À peine rassasiée, elle empoche également la mise en double aux côtés de sa compatriote Candy Reynold et annonce aux médias pouvoir jouer « deux manches de plus » comme ces messieurs. Pour citer la presse du lendemain, à Montréal comme partout dans le monde en 1982, le tennis féminin s’écrit M-A-R-T-I-N-A.

 

(Photo en vedette: Bernard Brault)

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