En route vers la Coupe Rogers : la mise au point de Rafa

mercredi, 22 Mai

Bienvenue à En route vers la Coupe Rogers, un récapitulatif hebdomadaire de l’action sur le circuit professionnel de l’ATP avant l’édition 2019 de la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale, qui aura lieu du 2 au 11 août, au Stade IGA.

Cette semaine, nous revenons sur les Internationaux BNL d’Italie à Rome, cinquième épreuve du Circuit Masters 1000 de l’ATP Tour.

Photo : Associated Press

La semaine dernière : Nadal ajoute à sa légende

L’histoire

Dire que le Foro Italico a oscillé entre toutes les émotions la semaine dernière relèverait presque de l’euphémisme. L’affiche avait de quoi faire saliver : le retour de Federer dans la capitale italienne, une gloire locale (Fabiano Fognini) en mesure de s’inviter à la fête, un Djoko régénéré par son succès madrilène, une meute de jeunes loups menée par Stefanos Tsitsipas et… son altesse Rafael Nadal tenu de reconquérir un royaume (la terre battue) plus que jamais courtisé.

Un feu d’artifice semblait promis au public romain et la disparition prématurée du champion de 2017 et finaliste sortant Alexandre Zverev, limogé par l’enfant du pays Matteo Berrettini (en grande forme sur l’argile ce printemps), n’était pas pour lui déplaire ; et puis…

Et puis Dame Nature a volé la vedette. Pluie qui annule tous les matchs de mercredi, programmation chamboulée et assurance d’une fin de tournoi surchargée.

Conséquence directe : programme double le jeudi pour les forçats de la terre battue. À ce jeu de massacre, on voyait déjà se dessiner une tendance : Nadal était en forme et voulait le faire savoir. Deux matchs pour deux jeux cédés à Jérémy Chardy et à Nikoloz Basilashvili, simples mortels. Djokovic prenait à peine plus de temps pour expédier notre Denis Shapovalov national, puis Philipp Kohlschreiber, quand Federer passait à un point de la sortie face à Borna Coric, échéance repoussée au lendemain (forfait « préventif »).

D’autres joueurs passaient entre les gouttes ce jour-là pour se hisser en quarts. L’inoxydable Fernando Verdasco, transformé en coupeur de têtes, s’est employé pendant plus de cinq heures à se défaire de Dominic Thiem et de Karen Kachanov pour retrouver son compatriote Nadal. Tsitsipas confirmait sans trembler ses bonnes dispositions printanières. Plus surprenant, Juan Martin del Potro refaisait surface. Conjugués à ceux de Diego Schwartzman, ses succès venaient rappeler combien il fallait toujours compter avec le contingent argentin sur la surface ocre. Le colosse sud-américain prenait ainsi rendez-vous avec Djokovic pour ce qui serait — rétrospectivement — LE duel du tournoi.

Il faut dire qu’à ce stade des quarts de finale, les premières confrontations ne donnaient pas l’occasion aux tifosis de trop s’enthousiasmer. Le retrait de Federer envoyait Tsitsipas en demi-finale sans suer. Il y retrouverait Nadal qui cueillait le fantôme de Verdasco pour une revanche de Madrid.

Dans le haut du tableau, Schwartzman déjouait les pronostics pour s’imposer largement face à Kei Nishikori et attendait patiemment son prochain adversaire au chaud. Djoko et Del Potro n’ont entamé leurs hostilités qu’après 22 heures, et ont offert un spectacle réjouissant de trois heures à l’issue incertaine. L’Argentin s’est approché de la ligne d’arrivée (deux balles de match dans le jeu décisif de la deuxième manche) avant que le Serbe ne lui ferme la porte. Aux premières heures du matin, Djokovic finissait par prendre le dessus 4-6, 7-6 et 6-4.

Photo : Agences

Les demi-finales étaient presque identiques à celle de Madrid, Schwartzman remplaçant Thiem. L’Argentin a résidé au numéro un mondial, le poussant une nouvelle fois dans un troisième acte de tous les dangers. Bousculé, Novak s’est fait violence pour aller chercher une nouvelle finale à Rome, mais les efforts déployés laissaient craindre un combat inégal, car Nadal poursuivait sa route au pas de course. Les conditions correspondaient mieux au Majorquin, mais l’entreprise de démolition menée par Rafa et son coup droit lasso venait confirmer l’impression initiale : « L’extraterrien » était au sommet.

La Ville éternelle est donc devenue le théâtre d’un 54e affrontement entre les rivaux de toujours. En jeu : le record de titres du Circuit Masters 1000 (marque égalée une semaine auparavant par Djoko) et une revanche de la finale des Internationaux d’Australie.

Mais d’affrontement, il n’y eut point, ou presque. Rafa a démarré toutes voiles dehors, au diapason de ses matchs précédents face à un Nole apathique. Le premier 0-6 de leur histoire… Il y avait quelque chose d’inéluctable à voir d’un côté le langage corporel de Djoko, le revers en berne, et de l’autre la puissance animale et la précision clinique de Rafa. Dans un sursaut d’orgueil, Novak s’adjugea la deuxième manche (6-4), et l’on a cru Nadal de nouveau hanté par un complexe face au numéro 1. La troisième manche a offert un démenti cinglant (1-6) et un nouveau sacre romain au Taureau de Manacor. À une semaine de Roland-Garros, ce trophée (son premier en 2019) le réinstallait tout en haut de la liste des prétendants à la Coupe des Mousquetaires. Ce serait sa douzième ! Vertigineux !

Les faits

  • Kyrgios fait du… Kyrgios: Premier échange de son premier tour face à Daniil Medvedev entamé sur un service à la cuillère, sortie médiatique avec des propos peu amènes pour les futurs finalistes du tournoi, pétage de plomb et disqualification au tour suivant… Du Nick Kyrgios dans toute sa splendeur. Le facteur X.
  • Une organisation en question : Des plaintes des joueurs (Thiem en tête) sur le traitement de l’interruption liée à la pluie à la soudaine flambée des prix occasionnée par la venue de Federer en passant par la qualité des terrains annexes, l’organisation du tournoi a été la cible de bien des critiques pendant la semaine.
Photo : AFP/Andreas Solaro

Le contingent canadien

Ils étaient deux à porter les espoirs du Canada à Rome. À l’instar de leurs parcours à Madrid, Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov n’auront pas réussi à renverser la hiérarchie. Le premier s’est incliné d’entrée face à Coric (15e) ; le second au tour suivant face à Djoko. Un sursaut est attendu du côté de Lyon cette semaine où ils disposent chacun d’une exemption au premier tour. Ils y seront rejoints par Steven Diez qui s’est brillamment qualifié pour le grand tableau.

De qualifications, il sera aussi question pour Peter Polansky à Roland-Garros, une entreprise toujours ardue.

Sur le circuit Challenger, nous suivrons avec attention les résultats de Brayden Schnur et de Filip Peliwo à Jérusalem.

(Photo en vedette : Reuters)

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