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Succès au féminin : des femmes d’affaires célébrées et des réussites soulignées

09 Août 2018
Écrit par: Tennis Canada
Écrit par: Tennis Canada

Chantal Machabée se plaît à dire que sur les galeries de presse de la LNH, elle est dorénavant considérée comme étant « one of the boys ». Reporter à RDS depuis sa création en 1989 et véritable pionnière pour les femmes œuvrant dans le milieu du journalisme sportif, elle admet cependant que ce ne fut pas toujours le cas.

« Avant de travailler à RDS, j’ai postulé à La presse canadienne pour un emploi de journaliste sportif. On était 400 candidats », a raconté celle qui est aujourd’hui attitrée à la couverture du Canadien de Montréal, mercredi matin, lors de l’événement Succès au féminin présenté par Rogers. « Après avoir regardé les CV, ils ont choisi 10 candidats et je faisais partie du groupe. Mais je suis la seule à qui on a fait passer un test de connaissances sportives. Parmi les garçons, aucun d’entre eux n’a eu à le faire. »

Comme elle avait été refusée en communications à l’université — même si elle travaillait déjà en télévision depuis deux ans à l’époque — Chantal Machabée s’est donc tournée vers les sciences politiques. Pendant un cours sur la politique en Indonésie, sa curiosité et sa passion pour le sport l’amènent à découvrir que les Indonésiens sont très bons en badminton. Ironie du sort, parmi la centaine de questions du test de La presse canadienne, une portait sur le sport national en Indonésie… et une bonne réponse lui a permis d’avoir le poste !

Ce n’est là qu’un exemple des obstacles auxquels la grande majorité des femmes œuvrant dans des milieux dits non traditionnels elles doivent faire face au quotidien.

Mais quoi de mieux que l’édition féminine de la Coupe Rogers pour mettre en lumière les impressionnantes réalisations de différentes femmes d’affaires de la grande région métropolitaine, notamment — en plus de Chantal Machabée — Édith Cloutier (présidente de Rogers Québec), Isabelle Langlois (vice-présidente productions chez Rodéo FX), Micky Lawler (présidente de la WTA), Juliette Brun (Juliette et Chocolat), Lydiane St-Onge (Lydiane autour du monde) et Camille DG (Le cahier), qui ont toutes accepté de parler de leur expérience avec les gens du public.

« Ça tombe bien ; la Coupe Rogers fait partie des tournois professionnels féminins d’une semaine qui ont le plus de succès », a commenté le directeur du tournoi Eugène Lapierre. On détient d’ailleurs un record d’assistance avec plus de 175 000 spectateurs et on en est très fiers. »

Si au tennis les femmes ont réussi à obtenir la parité avec leurs camarades masculins, c’est loin d’être le cas dans d’autres sphères de la société. Dominique Anglade, vice-première ministre du Québec, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, était aussi du panel. Et elle croit que malgré les progrès accomplis à travers les années, tout demeure plus difficile quand on est une femme.

« Lorsqu’on regarde bêtement et simplement le nombre de femmes sur le conseil d’administration des entreprises, on n’est pas là où on devrait être », a-t-elle mentionné. « C’est un enjeu important. […] Je ne sais pas si vous avez lu le document The power of parity, mais au Canada et au Québec, le plus grand potentiel économique de croissance, c’est les femmes. C’est 34 milliards de dollars de potentiel sur 10 ans sur notre PIB. C’est très significatif. »

Mme Lawler, qui est à la tête de la WTA depuis 2015, mais qui œuvre au développement du tennis depuis une trentaine d’années, a vu une nette amélioration au chapitre de la place qu’occupent les femmes par rapport à l’époque où elle a fait ses débuts dans le domaine. Mais après avoir souligné la qualité et la nécessité de cette initiative de Tennis Canada (en partenariat avec Rogers) mercredi, elle s’est permis de suggérer une petite modification au format pour l’an prochain, s’il y a lieu.

« C’est vrai qu’il y a une énorme différence avec ce que c’était avant. Par exemple, au début de notre carrière, on n’aurait sûrement jamais même pensé à un panel féminin », a-t-elle affirmé.

« […] Selon ce que j’ai vécu, c’était bien pire avant parce que s’il y avait une femme dans un milieu d’hommes, elle voulait garder sa place à tout prix et être exclusive. C’était très difficile, il fallait trouver une manière d’entrer dans le club sans représenter une menace pour les autres femmes. Mais aujourd’hui, il y a beaucoup de panels féminins et j’espère que dans le futur, l’année prochaine par exemple, on pourra faire un panel hommes-femmes, tous ensemble, pour parler de succès sans faire de distinction. »