August 09, 2012
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Daniel Meagher, amateur de tennis, a assisté mercredi à la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale et a passé la journée au Grandstand. Il a accepté de nous faire partager son expérience.
Par Daniel Meagher
Une vague de familiarité m’envahit immédiatement. Le campus York. Le Centre Rexall. Les klaxons des voiturettes de golf transportant les joueurs entre les terrains. L’animation des jeunes enfants alors qu’ils montrent des noms du doigt et débitent divers renseignements de cette façon dont ils tentent d’attirer l’attention des adultes. Partout, des jeunes et des moins jeunes clamant que le tennis c’est beaucoup plus qu’une balle, un filet et des raquettes.
Ma première visite à la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale était il y a quatre ans, un mardi pluvieux alors que le premier match de la journée n’a été joué qu’en fin d’après-midi. La matinée avait été consacrée à la visite des tentes, à regarder des échauffements et à mémoriser le site. Lorsque la pluie s’est finalement arrêtée, mon père, mon frère et moi sommes allés sur le Court central pour assister à la victoire de Rafael Nadal, puis nous sommes retournés nous promener sur le site. Nous vous sommes finalement installés au Grandstand où, plusieurs heures plus tard alors que le soleil était bas dans le ciel, Fernando González affrontait José Acasuso. Entouré d’une douzaine de partisans chiliens, mon père s’est assis dans la dernière rangée, vêtu d’un imperméable aux couleurs du chandail d’Acasuso. Il a encouragé l’Argentin dans la victoire, plaisantant que tout le monde devait croire qu’il était un entraîneur. Je me souviens que l’atmosphère était incroyable, alliant l’intimité des plus petits terrains et l’excitation du Court central. Même cet après, après avoir assisté à plusieurs tournois depuis, c’est le terrain où je me souviens m’être le plus investi dans les matchs — où j’ai développé un respect inconditionnel pour le sport. C’est là où je suis devenu obsédé.
Ma copine et moi avons décidé de nous asseoir dans le salon aérien, juste au-dessus des gradins nord. Avec Hawkeye, le salon aérien est l’ajout le plus visible au Grandstand. En plus d’offrir des collations, cet espace offre ce qui sera un des éléments les plus courus aujourd’hui (et je ne parle pas de la bière, bien qu’il y en ait) – l’ombre. Il fait extrêmement chaud aujourd’hui et la température sur le terrain devrait atteindre 38 °C.
C’est avec soulagement que je constate que le terrain a conservé tous les attributs que j’aime. Tout d’abord, lorsque l’on s’installe en haut des gradins, du côté ouest ou est, on peut voir les terrains avoisinants. Même du salon, nous pouvons voir le côté nord de deux terrains d’entraînement et plusieurs joueurs, torse nu, se sont déjà échauffés. À tous les changements de côté, ma copine jette un coup d’œil, espérant y voir Andy Murray tout en poussant des soupirs de satisfaction pour les joueurs qui y sont. À tous les hommes jaloux : n’amenez pas votre partenaire ici.
Plus que tout, je suis heureux que le terrain ait conservé son caractère intime. Les gradins sont assez près des joueurs pour que l’on puisse voir la technique et les émotions, ce qui est parfois difficile à observer dans les plus grandes enceintes. Cela donne un effet surréel de fluidité — on ne se rend pas compte à quel point ces joueurs sont bons jusqu’à ce qu’on les voit de près, fait remarquer une femme.
Il y a aussi l’annonceur. En plus de s’évertuer à prononcer correctement le nom de tous les joueurs, il possède un sens de l’humour qui plait à tous. Il qualifie le Grandstand de joyau caché du Centre Rexall, ce qui semble très vrai si on considère le nombre de personnes qui y étaient pour les deux premiers matchs.
Ma copine étant partie à la recherche de Murray, j’ai grimpé dans le coin supérieur pour me joindre à un groupe qui regardait Raonic et Troicki en double sur le Court 1. Un entraînement se termine sur le Court 2 alors que devant moi, une troisième manche serrée se poursuit. La majorité des matchs offrent du tennis de très haute qualité, ce qui ne cesse de m’impressionner sous cette chaleur humide. Un duel de trois heures entre Tomas Berdych et Julien Benneteau – qui comprenait une manche initiale d’une heure et 29 minutes est une démonstration exceptionnelle de services et de frappes puissantes.
Entre les matchs, l’annonceur anime divers concours et promotions en attendant l’arrivée des joueurs. Le match de Murray étant presque fini sur le Central (le dernier match de la séance de jour), des douzaines d’amateurs migrent vers le Grandstand. Un autre avantage du Grandstand est que les matchs se prolongent généralement plus longtemps que sur le Court central. Ces derniers spectateurs de la journée se joignent aux nouveaux arrivants de la soirée pour créer une atmosphère unique pour le match de Tommy Haas et Gilles Simon. La foule applaudit les coups gagnants, se désole des erreurs et suit avec passion les contestations. Hass a beaucoup changé depuis quatre ans. Il ne se choque plus après de mauvais appels de balle, ne casse plus de raquette quand il perd. Les coups gagnants jaillissent de partout et c’est finalement Simon qui écope.
La foule s’éclaircit avant l’arrivée de Sam Querrey et de Kei Nishikori; certains s’en retournent à la maison, d’autres se dirigent vers le Court central. Bien que ceux qui restent soient un peu fatigués de leur longue journée, ils en redemandent. Ils continuent de jaser, en français ou en anglais, des règlements, des techniques pour imprimer plus d’effet à la balle et même du talent de Novak Djokovic. En fait, cela représente tout ce qu’est un terrain de tennis — un endroit pour regarder quatre matchs consécutifs et vivre quatre expériences différentes. C’est là où une fille peut se tourner vers sa mère, ou un père vers son fils et lui dire : « J’ai compris, maintenant. »















