Bianca Andreescu, la joueuse méconnue… mais pas pour longtemps !

dimanche, 24 Juil

par: Emna Achour

Dire que la victoire de la Canadienne Bianca Vanessa Andreescu samedi au premier tour des qualifications de la Coupe Rogers est passée inaperçue serait un euphémisme.

Aucun journaliste n’a demandé à la rencontrer en entrevue, seulement une poignée de partisans se trouvaient dans les gradins du Court Banque Nationale pour la voir jouer…

Pourtant, il ne s’agit pas d’une mince affaire pour Andreescu ; l’athlète de 16 ans, qui est des qualifications grâce à un laissez-passer que lui a octroyé la Coupe Rogers, a réussi à éliminer l’Américaine Samantha Crawford 7-6 (3), 7-5, 16e tête de série des qualifications et 101e joueuse du monde (soit 542 rangs devant Andreescu).

L’Ontarienne née à Mississauga, qui a commencé à jouer au tennis en Roumanie — pays d’origine de ses parents — avant d’éventuellement revenir au pays pour intégrer le Centre national d’entraînement de Tennis Canada à Toronto, figure actuellement au huitième rang du classement junior de la Fédération internationale de tennis (ITF) et avait même pointé au troisième échelon le 1er février dernier.

Mais que ses faits d’armes ne suscitent pas autant d’attention médiatique que ceux de ses jeunes compatriotes Eugenie Bouchard, Françoise Abanda ou Charlotte Robillard-Millette, par exemple, n’affecte pas particulièrement Andreescu. Selon elle, la profondeur du talent émergent au sein du tennis canadien féminin y est sans doute pour quelque chose, et elle n’y voit aucun inconvénient.

« Quand je me présente sur le court, je ne pense qu’à jouer et à rien d’autre, a-t-elle déclaré. J’essaie d’avoir du plaisir et de faire mon possible, et ça fonctionne. Je gagne des matchs et ma confiance augmente de plus en plus grâce à tout le soutien que je reçois de Tennis Canada. »

Tennis Canada a couronné Andreescu Junior de l’année 2015, elle qui avait conclu la saison en décrochant le titre de l’Orange Bowl en Floride. Et dire qu’elle avait amorcé cette année-là au 332e échelon mondial chez les juniors…

Sylvain Bruneau, entraîneur chez Tennis Canada et capitaine de la Fed Cup, avait cité la performance d’Andreescu à son premier tournoi chez les professionnelles, le Challenger Banque Nationale de Gatineau en août dernier, pour illustrer l’impressionnante progression de la jeune joueuse en si peu de temps.

« Elle est solide même dans l’adversité », avait-il indiqué lorsque rencontré en janvier dernier à Melbourne. « Je l’ai vue l’été passé quand elle a joué son premier challenger à Gatineau ; elle a fait la finale en battant des joueuses beaucoup mieux classées qu’elle, beaucoup plus expérimentées. Je sens le respect qu’elle a pour les autres, mais elle se respecte encore plus… ce qui est parfait ! »

À la rencontre de son idole

Dans le cadre du coup d’envoi de la Mini Coupe Rogers, à l’Esplanade du Parc olympique, jeudi, Andreescu a pu rencontrer son idole de toujours, la Roumaine et cinquième raquette mondiale Simona Halep. Elles avaient toutes les deux été invitées à échanger quelques balles avec les jeunes participants de la compétition.

« C’était incroyable ! Je suis tellement contente d’avoir eu la chance de la rencontrer, a dit Andreescu. Simona est tellement gentille. J’espère avoir l’occasion de frapper des balles avec elle à nouveau cette semaine ! »

« J’ai commencé à lui parler en roumain et elle était surprise, elle était contente de savoir que ma carrière se déroulait bien étant moi aussi une joueuse originaire de la Roumanie. […] Je lui ai posé quelques questions, elle m’a donné de bons conseils. Je lui ai demandé quelle était la différence entre le junior et le niveau professionnel. Elle était très généreuse et humble. »

Si tout se déroule bien, d’ici quelques années, parions que ce sera au tour d’Andreescu de prodiguer ses conseils aux jeunes étoiles de demain.

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