Cox: Sur gazon, des vétérans toujours plus « verts »

jeudi, 27 Juin

Incapable (comme tout le monde) d’arrêter la suprématie de Rafael Nadal sur la terre battue de Paris, Roger Federer a l’intention de redevenir le roi du gazon.

Âgé de 37 ans, Federer, compte huit trophées de Wimbledon — son plus récent datant de 2017 —, et a montré sa forme habituelle sur la pelouse en remportant son dixième titre à Halle, la semaine dernière. Ce triomphe aux dépens de David Goffin était crucial, car il a propulsé le Suisse au deuxième rang des têtes de série de Wimbledon, ce qui signifie qu’il ne peut pas croiser le fer avec le numéro un Novak Djokovic avant la finale.

Cela en a laissé quelques-uns perplexes, car Nadal est mieux classé que Federer sur le circuit de l’ATP en ce moment. Toutefois, ce n’est pas la première fois que les officiels, qui décident eux-mêmes du classement pour le tournoi le plus important du monde, sèment la controverse.

« C’est surprenant », commentait Djokovic à propos de la situation de Federer. « Ce sont leurs règlements et nous devons les respecter. »

Nadal a été plus catégorique. « Je ne crois pas que cela soit une bonne chose que Wimbledon soit le seul (tournoi) à utiliser son propre calcul de classement pour les têtes de série. C’est leur choix. Quoi qu’il en soit, étant deuxième ou troisième, je dois jouer à mon meilleur niveau pour aspirer aux choses auxquelles j’aspire. Mieux vaut être deuxième que troisième, mais s’ils pensent que je dois être troisième, je l’accepte. »

Federer, quant à lui, était le chef de file d’un week-end extraordinaire pour les joueurs de 37 ans dans ce qui a été une remarquable séquence de victoires. Feliciano Lopez, également âgé de 37 ans, a conquis les grands honneurs du simple et du double, avec Andy Murray, à l’épreuve du Queen’s Club.

À un autre niveau de compétition, l’ex-joueur du Top 10 Tommy Robredo, lui aussi 37 ans, a également goûté à la victoire lors d’un Challenger à Parme, en Italie, remportant une finale marathon de trois heures et 15 minutes.

Le triomphe du tandem Murray-Lopez, six mois seulement après l’opération à la hanche de Murray, a captive l’imagination du monde du tennis et a même surpris l’Écossais.

« Je viens de remporter le double avec Feli, avec une hanche en métal. C’est débile, vraiment », confiait Murray.

Il s’agit maintenant de voir la suite pour Murray. Cette semaine, il a fait équipe avec Marcelo Melo et a perdu au premier tour à Eastbourne. À Wimbledon, il unira ses efforts à ceux de Pierre-Hugues Hebert. Il a demandé à Kiki Mladenovic pour disputer le double mixte au All-England Club, mais elle a refusé. Il semble que Maria Sharapova lui a offert d’être sa partenaire via Twitter, mais Murray a jugé cela improbable.

« Je crois que nous avons déjà joué ensemble… mais je ne me souviens pas que nous ayons très bien performé », racontait Murray.

Il y a aussi le fait que Murray a critiqué Sharapova lorsqu’elle est revenue au jeu après une suspension en raison de dopage.

« Je n’ai pas discuté avec elle », concluait-il.

En ce qui concerne le simple, Murray, 32 ans, semble encouragé par son succès avec Lopez au Queen’s Club et a fait allusion à un retour possible aux Internationaux des États-Unis.

« Je suis simplement très heureux que mon corps réagisse bien. Je vais prendre mon temps. Je ne vais pas précipiter les choses. »

À son apogée, peu de joueurs étaient aussi divertissants à regarder que Marcos Baghdatis. Peu capables de communiquer un amour aussi pur pour le sport.

Le Chypriote tirera sa révérence après Wimbledon. Il a déjà occupé le huitième rang mondial, mais son héritage vient surtout de sa personnalité sur le terrain.

Même s’il n’a pas joué depuis février, Baghdatis, 34 ans, a obtenu un laissez-passer pour le tableau principal de Wimbledon, une autre de ces décisions idiosyncrasiques qu’aime prendre le All-England Club.

« Je suis très reconnaissant qu’ils m’aient accordé un laissez-passer pour le tableau principal », a publié Baghdatis dans les médias sociaux. « Cette décision n’a pas été facile à prendre. C’est dur pour moi, surtout physiquement, de revenir au niveau auquel je pense appartenir. »

Baghdatis se joint ainsi à Nicolas Almagro et David Ferrer parmi les nouveaux retraités du circuit masculin. Baghdatis est marié à l’ancienne joueuse Karolina Sprem, et le couple attend son troisième enfant.

« Bien que je sois triste de dire au revoir au sport en tant que joueur actif, je suis très excité pour le prochain chapitre de ma vie », a-t-il ajouté.

Le haut fait de la carrière de Baghdatis a été sa participation à la finale des Internationaux d’Australie de 2006 où il s’était incliné face à Federer. Un peu plus tard cette année-là, il avait perdu contre Nadal en demi-finale de Wimbledon.

Il était plus que temps. Après avoir rejeté à deux reprises une proposition visant à donner à une rue le nom de l’un de ses plus célèbres fils, Richmond, en Virginie, a finalement cédé et dévoilé ce mois-ci le boulevard Arthur Ashe.

Richmond a aussi honoré l’Afro-Américain, détenteur de trois titres de Grands Chelems, d’autres façons, notamment en donnant son nom à un centre sportif et en lui faisant faire une statue de bronze. Le changement de nom de la rue a été bloqué par les résidents jusqu’à ce que le conseil municipal vote finalement en sa faveur.

« C’est une magnifique occasion chaque fois que nous pouvons honorer nos ancêtres, les gens qui ont fait de grandes choses, et que leurs œuvres nous aident encore, sont encore pertinentes », déclarait le neveu d’Ashe, David Harris.

Les temps sont difficiles pour Richmond, car cela se mélange à un passé. En effet, le boulevard Arthur Ashe croise une autre artère de Richmond qui abrite les grandes statues de plusieurs figures militaires confédérées. Richmond était la capitale de la Confédération pendant la guerre civile américaine.

Ashe était le premier noir à être nommé au sein de l’équipe américaine de la Coupe Davis. Il est décédé en 1993.

 

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