Cox : Tomic pénalisé à Wimbledon

jeudi, 18 Juil

Bernard TomicPhoto by Stephen Uhraney

On connait le nombre de Serena. Il faut que ce soit 25.

Elle a besoin de ce nombre de titres de simple de Grands Chelems pour surpasser Margaret Court à la liste des joueuses les plus titrées de tous les temps dans les tournois majeurs. Il faut dire qu’avec trois performances décevantes consécutives en finale de Grands Chelems, notamment sa défaite aux mains de Simona Halep à Wimbledon cette année, cette marque ne sera pas facile à atteindre.

Mais quel est ce nombre pour les hommes ? Et qui l’atteindra ?

Il faut que ce soit au moins 21 — Roger Federer en a 20 — mais la question est de savoir si quand tout sera fini, quand Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic auront accroché leur raquette, quel nombre va tenir la route et être celui à battre.

Supposons que Fed en gagne un autre. Peut-être Wimbledon. Possiblement en Australie.

Nadal n’est âgé que de 33 ans, soit quatre ans de moins que le Suisse. Il compte 11 couronnes de Roland-Garros et selon son âge et sa domination cette année, il pourrait facilement en conquérir deux autres. Accordons-lui un autre trophée — son dernier triomphe en dehors de Roland-Garros est survenu aux Internationaux des États-Unis de 2017 — et cela porte son total à 21.

Ce qui signifie que Djokovic, 32 ans, et détenteur de 16 titres, devrait viser 22 trophées de Grands Chelems. C’est possible, si Federer ne parvient pas à en récolter d’autres et que la disette de Nadal se poursuit, 21 pourrait bien être le nombre.

Toutefois, 22 semble plus probable.

Nous savons que Djokovic peut gagner n’importe lequel des quatre tournois du Grand Chelem. Ni Nadal ni Federer ne peuvent probablement plus faire cette affirmation. Néanmoins, le Serbe aura assurément besoin de six autres titres s’il veut être seul au faîte de la montagne.

Si, à l’instar de Federer, il pouvait encore être au sommet de son art à 37 ans, on pourrait dire qu’il a beaucoup de temps devant lui pour réaliser cet exploit. Mais Federer est une anomalie de la nature.

« J’espère que je donne aux autres la chance de croire que tout n’est pas fini à 37 ans », commentait Federer après sa défaite en finale de Wimbledon.

« Je suis l’un d’entre eux », a répondu Djokovic. « Pour moi, l’âge n’est pas une restriction. »

Il faut croire que la prochaine génération de joueurs, comme Dominic Thiem, Félix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et Alexander Zverev, sera en mesure de pousser Djokovic plus fort que la génération précédente a poussé les 3 grands, ou les 4 si on inclut Andy Murray.

On va donc surveiller ça. Dimanche, Djokovic est devenu le premier homme en 71 ans à remporter le titre de Wimbledon après avoir fait face à une balle de match, privant ainsi Federer d’un autre trophée au All England Club. S’il pouvait battre Nadal à Roland-Garros, 22 pourrait être plus que suffisant.

Si ce n’est pas Nick Kyrgios qui fait des vagues — ou qui cause du trouble —, c’est Bernard Tomic

Bernard Tomic Photo by Stephen Uhraney

Et c’est Tomic qui a fait parler de lui au cours du dernier Wimbledon.

Le talent le plus remarquable gaspillé dans le tennis moderne a été dépouillé de la totalité de sa bourse du premier tour (56 000 $ US) après une pitoyable défaite de 6-2, 6-1 et 6-4 contre Jo-Wilfried Tsonga dans un match qui n’a duré que 58 minutes. Une des raisons pour lesquelles Tomic a réussi à s’en tirer avec ces absurdités pendant des années, c’est qu’il y a toujours quelqu’un pour prendre sa défense.

« Je ne pense pas que prendre toute sa bourse est juste », a jugé Djokovic. « Il méritait sa place dans le tournoi. C’est un joueur du Top 100. Il a travaillé toute l’année pour être ici. Il mérite sa bourse. »

Fait intéressant, cela reflète une opinion selon laquelle ce que Tomic a fait ou n’a pas fait à l’extérieur de Wimbledon importe plus que ce qu’il a fait à Wimbledon. Djokovic est un joueur très influent, et l’une des questions clés qui gagnent du terrain parmi ses collègues concerne le salaire relativement dérisoire des joueurs en dehors du Top 50. Par exemple, des trucs comme la bourse du premier tour sont soudainement des sujets brûlants, ce qui a probablement beaucoup à voir avec la décision de Djokovic de défendre Tomic malgré ses piètres efforts pour rivaliser et divertir les amateurs qui achètent les billets.

Étant donné que Djokovic a travaillé trois heures et 59 minutes de plus pour battre Federer que Tomic pour perdre face à Tsonga, on peut se demander s’il s’agit vraiment d’un problème d’équité salariale qui va au-delà des sexes. En passant, Federer a maintenant disputé les trois finales les plus longues de Wimbledon : 4 h 48 contre Nadal en 2008 et 4 h 18 contre Roddick en 2009.

Il semble que pour le All England Club, l’installation de toits sur les terrains n’était que le début d’une série d’améliorations.

Wimbledon prévoit maintenant d’étendre ses activités de l’autre côté de Church Road, la route rendue célèbre depuis des années par les files d’attente d’amateurs espérant se procurer des billets. Le chemin de la station de métro Southfields jusqu’à Church Road en passant devant les jardins de fleurs et des maisons bien entretenues est vraiment l’un des plaisirs d’assister au tournoi.

Jusqu’à présent, le secteur en face du site de Wimbledon était un grand parc avec des terrains de tennis et autres aires pour les activités sportives. Le All England Club met la dernière main à un plan d’achat qui permettra, entre autres, l’installation d’un grand nombre de terrains en gazon qui permettront d’y disputer les qualifications du simple au lieu de les tenir à Roehampton.

Ceci pourrait voir le jour en 2024.

Il semble bien que Roger Federer attire les amateurs plus que tout autre joueur.

Selon les cotes d’écoute d’ESPN pour la finale masculine de cette année entre Djokovic et Federer étaient plus de trois fois supérieures à celle de la finale de l’an dernier en Djokovic et Kevin Anderson.

ESPN a attiré en moyenne 3,33 millions de téléspectateurs pour le match ultime, le meilleur auditoire pour une finale depuis 2012 lorsque Federer a battu Andy Murray en quatre manches.

Au Canada, TSN a rapporté une moyenne de 2,3 millions de téléspectateurs, tandis qu’au Royaume-Uni, BBC One a eu un auditoire de pointe de 9,6 millions alors que la finale était présentée en même temps que la Coupe du monde de cricket.

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