« Votre » tournoi va revenir en force en 2021

jeudi, 6 Août

Photo: Tennis Canada

Ce week-end aurait marqué le début de la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale. Ouch ! Ça donne un coup de l’écrire crûment comme ça, puisque la crise sanitaire en a décidé autrement. 

Bon, une fois passé le choc (on le sait quand même depuis avril), ça ne sert à rien de se mortifier, faut se faire une raison et regarder en avant. Et en avant, ça regarde plutôt bien, si vous me passez l’anglicisme. À coup de résultats percutants ces dernières années, nos athlètes se sont démarqués sur la scène mondiale. S’il n’est pas facile de se faire un nom dans un sport aussi internationalement compétitif, c’est encore plus difficile de s’y faire un prénom. C’est pourtant ce qu’ont réussi Bianca, Eugenie, Leylah, Françoise, Gabriela, Félix, Denis, Milos, Vasek… Et, bonne nouvelle, mis à part les deux derniers — les aînés du groupe à 29 et 30 ans — la moyenne d’âge de tout ce beau monde est de 21 ans. Ce sera très agréable de les suivre sur le circuit au cours des 12 prochains mois (pour ne pas dire 12 prochaines années) et un bon remède pour nous aider à prendre notre mal en patience.

Photo: Jared Wickerham/Tennis Canada

En attendant, c’est du côté du développement sportif auprès des jeunes que la pandémie nous a fait le plus mal. Il faut le redire : la raison d’être de la Coupe Rogers est de financer, à longueur d’année, la mission de Tennis Canada d’assurer la croissance du tennis. Cela veut dire des activités dans toute la pyramide du développement, de l’initiation à l’élite. Mini-tennis dans les écoles, compétitions, formation d’instructeurs, d’officiels, détection de talent, soutien aux provinces, tournois-tremplins internationaux, Centre national d’entraînement à Montréal… Une panoplie de programmes dans lesquels il nous a malheureusement fallu sabrer. On peut le comprendre puisque nos tournois majeurs de Montréal et de Toronto représentent 90 % des revenus annuels de Tennis Canada. C’est ce que nous avons perdu en reportant à 2021 notre moteur financier de la Coupe Rogers.

Qu’à cela ne tienne. Le tennis canadien avait le vent dans les voiles avant la pandémie et nous allons tout mettre en œuvre pour le voir reprendre son élan le plus rapidement possible. Peut-être cela prendra-t-il quelque temps avant de remettre sur pied toutes nos activités de développement du tennis. Mais nous avons la chance de pouvoir compter sur nos vedettes locales pour créer l’émulation auprès des jeunes et sur deux des tournois phares des circuits professionnels féminin (WTA) et masculin (ATP), deux compétitions qui alternent chaque année chez nous à Montréal. Ce sont là nos remèdes pour battre la pandémie, des remèdes développés avec soin dans nos laboratoires du Stade IGA au parc Jarry.

Tout ça pour dire que nous avons très hâte de vous revoir l’an prochain. Quand je dis « nous », ce sont les 1 200 bénévoles qui vous y accueilleront, ce sont mes collègues, moi-même et tous nos partenaires. Non, on ne prépare pas notre tournoi en pensant qu’on sera au milieu d’une ixième vague. Bien sûr, on va mettre toutes les mesures nécessaires en place pour assurer la santé de tous, mais on vous doit de planifier notre événement avec l’idée de continuer de présenter un spectacle sportif exceptionnel. On vous le doit, à vous les Québécois et Montréalais, parce que vous êtes les principaux acteurs du succès de la Coupe Rogers. C’est vous qui mettez l’ambiance dans le stade, l’émotion quasi palpable de chaque match, vous qui teintez l’endroit de votre esprit festif toute la semaine, c’est vous qui apportez cette « joie de vivre » montréalaise qui nous caractérise… et qu’athlètes et visiteurs apprécient tant.

On reprend ça du 6 au 15 août l’an prochain. Ah oui, au fait, on revient avec les filles… Bianca, Eugenie, Leylah, Françoise, Gabriela… J’ai vraiment hâte.

Eugène Lapierre

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